Apporter aide et espoir à ceux qui sont isolés et qui souffrent

Au-delà des informations 1 – 2015

 

Au-delà des informations 1 – 2015

Afghanistan

L’aide humanitaire va-t-elle continuer?

Encore une fois, l’histoire clé pour l’Afghanistan est la menace que pose l’insécurité aux projets humanitaire et de développement. Le retrait à la fois des forces militaires étrangères et du soutien financier a entrainé une fragmentation des deux bords. Il ne s’agit plus d’une simple division entre les Talibans d’un côté et le gouvernement et ses alliés étrangers de l’autre.

 Selon un expert cité par l’IRIN (Integrated Regional Information Networks), les Talibans se sont tout d’abord divisés en 2009 en trois ‘shuras” ou conseils consultatifs. Mais il y a actuellement 8 groupes distincts, chacun agissant plus ou moins selon les souhaits de sponsors étrangers venant d’Iran, du Pakistan et des pays du Golf, certains d’entre eux étant alignés avec al Qaeda et l’Etat Islamique.

 De l’autre côté, de nombreuses milices et groupes criminels, auparavant alliés du gouvernement, ont pris leur distance au fur et mesure que les financements étrangers diminuaient. Dans ce nouvel environnement, le travail des organisations humanitaires est devenu beaucoup plus dangereux car les accords négociés avec un groupe ne sont pas forcément respectés par les autres. En particulier, le Front Zakir dans la province de Helmand a refusé de reconnaître les accords conclus entre les ONG et la direction centrale des Talibans.

GHNI a évacué ses derniers collaborateurs étrangers mais presque tous les collègues afghans continuent de travailler courageusement auprès des populations de plusieurs provinces parmi les plus démunies. GHNI ne prend aucune position politique. Nous sommes neutres et nous nous concentrons sur les villages les plus pauvres qui nous accueillent.

Indonésie

Critique de l’aide post-tsunami

L’IRIN a publié un article critique sur la reconstruction et la réhabilitation de la province d’Aceh après le tsunami qui l’a frappé le 26 décembre 2004. Tout en admettant qu’on ne pouvait pas s’attendre à ce que l’aide inspirée par le tsunami règle tous les problèmes d’une province pauvre et (pré-tsunami) criblée de conflits, l’article souligne les faiblesses de l’aide apportée. Il critique en particulier l’accent mis sur les investissements dans les infrastructures matérielles et en comparaison, le peu de moyens investis pour améliorer les moyens d’existence, ainsi que la tendance qu’ont eu les organisations de contourner les infrastructures gouvernementales pour créer des mécanismes parallèles d’acheminement de l’aide. L’article se montre un peu contradictoire sur ce dernier point car il reconnaît le travail de l’Agence de Reconstruction et de Réhabilitation d’Aceh et de Nias, établi par le gouvernement pour coordonner l’aide apportée.

Bien que les critiques soient pertinentes lorsqu’elles concernent les efforts d’aide précipités, déséquilibrés ou qui se chevauchent, il y a trois points sur lesquels on peut argumenter:

  1. Lors des premières étapes de réhabilitation, les institutions gouvernementales étaient totalement paralysées par l’absence de membres clé du personnel
  2. La corruption du gouvernement était et reste un obstacle critique à des interventions efficaces et bien planifiées
  3. Il y a eu une pression énorme de la part des acteurs indonésiens et internationaux pour obtenir des résultats rapides en réponse à une situation désastreuse.

GHNI a concentré ses efforts sur les microentreprises, l’approvisionnement en eau et le développement des compétences des femmes dans les bidonvilles afin qu’elles puissent s’assumer.

Kenya

Le sol des terres africaines est-il durable?

Dans un rapport publié à Nairobi mais applicable à tout le continent africain, le Montpelier Panel (un groupe d’experts sur le développement agricole africain) exprime son inquiétude concernant l’appauvrissement des terres africaines. Il estime que 65% des terres agricoles dans l’Afrique sub-saharienne est dégradé et que l’impact économique et social est majeur. Les solutions proposées combinent l’utilisation ciblée d’engrais sélectionnés avec la poursuite de méthodes traditionnelles comme l’épandage du fumier de bétail, l’alternance des cultures en privilégiant celles des légumes qui fixent l’azote ou encore le paillage des terres agricoles avec les déchets des cultures. La vision est celle d’une intensification de l’agriculture durable.

 GHNI croit qu’il faut encourager l’ensemble des paysans à utiliser des engrais et des pesticides biologiques. Ces pratiques font partie de nos cours en Programme de Soutien au Développement Local (TCD).

Népal

Des villages demandent le TCD

Dans la région de Kailali au sud-ouest du Népal, les résultats produits par notre formation en Programme de Soutien au Développement Local (TCD) en partenariat avec le village modèle ont suscité des demandes de formation équivalente dans d’autres villages voisins.

Les femmes sont aussi très reconnaissantes pour les cours la prévention de l’esclavage (trafic des êtres humains), la santé et l’éthique. Plusieurs femmes ont déjà terminé leurs cours et sont devenues formatrices et une autre session de cours est prévue.

Niger

Manque de nourriture pour les réfugiés déplacés par Boko Haram

Même lors d’une année normale, le district de Diffa au Niger manque de nourriture. Les dernières récoltes ont été tout juste suffisantes dans l’ensemble du Niger, mais pas dans la région de Diffa confrontée à un afflux de 90 000 réfugiés déplacés par les combattants de Boko Haram qui opèrent au nord du Nigéria. On craint que les tensions entre les habitants, ceux qui rentrent au pays et les réfugiés puissent être exacerbées par le manque de nourriture. Le gouvernement du Niger lance un appel à l’aide internationale pour établir des camps situés à moins de 50 kms de la frontière.

Malgré les problèmes de sécurité du pays, GHNI Nigéria a envoyé du personnel au Niger pour enseigner le développement durable dans des villages très démunis. Nous détestons la violence contre les civils et nous cherchons à répondre à l’appel des villages les plus pauvres.

Sud Soudan

L’économie de bétail dévasté

Encore une triste histoire qui montre comment les conflits détruisent les moyens d’existence. Au Sud Soudan, le nombre de têtes de bétail (11 millions) est plus grand que la population et revêt une importance économique et sociale majeure. Le bétail est une source de revenu et représente la principale source alimentaire pour les enfants et les femmes qui allaitent. C’est un capital qui peut être utilisé pour des dépenses inattendues, pour financer les mariages ou pour offrir une indemnisation en cas de dispute qui se réglerait autrement dans le sang. Mais le conflit qui a éclaté au Sud Soudan a eu un effet dévastateur sur l’économie du bétail. Les services gouvernementaux traditionnels, comme les services vétérinaires et ceux de la protection contre le vol du bétail, se sont effondrés. Les pâturages et les routes de transhumance traditionnellement utilisés par les gardiens de troupeaux ont été perturbés, provoquant des conflits entre les bergers nomades et les agriculteurs. Cette situation a également entrainé une exposition à des maladies comme la fièvre de la côte Est, la maladie du sommeil et la fièvre aphteuse. Par conséquent, le cheptel du pays s’est réduit en nombre et s’est affaibli, ce qui mine les moyens d’existence traditionnels et le système de sécurité.

Sri Lanka

Des villageois ouvrent une Banque d’Auto-assistance

Dans la région profondément divisée de Galle, les efforts de GHNI pour aider les enfants les plus pauvres d’un groupe de villages a entrainé un taux d’inscription à l’école impressionnant de 86%.

Nos partenaires sur place sont en train de développer une Banque d’Auto-assistance (SHB) parmi les villageois qui sont prêts à s’assembler pour grouper leurs ressources afin de pouvoir faire des prêts d’environ 90 Euros ou 95 CHF  à leurs membres. L’industrie familiale se répand dans les villages et les familles et presque tous les prêts sont remboursés à la SHB dans les délais.